Dictée vocale et reconnaissance vocale sous Linux
Sur Mac comme sur Windows, un raccourci suffit pour dicter. Sous Linux, aucun des grands environnements de bureau n'intègre d'équivalent : il faut installer une application ou assembler une solution soi-même. Et la première question n'est pas de savoir quel logiciel choisir, mais quelle session graphique vous utilisez. Ce guide explique pourquoi X11 et Wayland changent tout pour la dictée, ce qu'il faut vérifier dans un outil, comment installer une AppImage ou un paquet .deb, et comment régler les problèmes les plus fréquents, y compris le piège de la touche Alt Gr sur un clavier AZERTY.
Première vérification : X11 ou Wayland ?
Une application de dictée doit faire deux choses en dehors de sa propre fenêtre : remarquer un raccourci clavier pendant qu'un autre programme a le focus, puis écrire du texte dans cet autre programme. Sous X11 (Xorg), les applications ont toujours eu le droit de faire les deux. Wayland a été conçu pour isoler les applications les unes des autres : un programme ne peut pas écouter toutes les touches pressées ni écrire dans une fenêtre qui ne lui appartient pas. C'est une bonne chose pour la sécurité, et une complication pour la dictée.
Pour savoir quelle session vous avez, ouvrez un terminal et tapez `echo $XDG_SESSION_TYPE`. La commande affiche `x11` ou `wayland`. La plupart des environnements de bureau l'indiquent aussi dans leur panneau « À propos » ou d'informations système.
- x11 : raccourcis globaux et saisie simulée fonctionnent en général, la plupart des outils de dictée se comportent comme prévu.
- wayland : l'outil a besoin d'un utilitaire de saisie compatible Wayland, d'un portail du bureau ou d'une configuration système supplémentaire, et certains outils ne fonctionnent pas du tout.
Si votre distribution propose encore une session X11, vous pouvez souvent la choisir sur l'écran de connexion : sélectionnez votre utilisateur, puis cherchez un menu de session (souvent une icône d'engrenage) avant de taper votre mot de passe. Certaines versions récentes abandonnent les sessions X11 pour certains bureaux ; vérifiez ce que fournit la vôtre.
Ce qu'il faut vérifier dans un outil de dictée Linux
| Critère | Pourquoi c'est important | Comment vérifier |
|---|---|---|
| Session prise en charge | Décide si le raccourci et la saisie du texte fonctionnent | Documentation de l'outil, puis essai dans votre session |
| Format de paquet | AppImage partout, .deb pour Ubuntu et Debian, sinon compilation | Page de téléchargement |
| Hors ligne | La reconnaissance sur la machine garde la voix chez vous | Couper le réseau et dicter |
| Architecture | La plupart des outils visent le 64 bits | `uname -m` doit afficher x86_64 |
| Texte au curseur | Éditeur, terminal, navigateur, messagerie | Tester dans chacun pendant l'essai |
Les outils libres à assembler soi-même existent aussi : ils tournent hors ligne mais demandent de lier vous-même une commande à une touche et de choisir un utilitaire de saisie. Une application empaquetée fait tout cela pour vous. Pour les critères valables sur toutes les plateformes, voir comment choisir un logiciel de dictée vocale.
Installer une AppImage ou un paquet .deb
- AppImage : téléchargez le fichier, rendez-le exécutable avec `chmod +x` suivi du nom du fichier, puis lancez-le. S'il refuse de démarrer avec une erreur qui mentionne FUSE, installez le paquet de compatibilité FUSE 2 de votre distribution (sous Ubuntu, il s'appelle en général libfuse2, ou libfuse2t64 sur les versions récentes).
- .deb (Ubuntu, Debian) : installez-le avec `sudo apt install ./` suivi du nom du fichier, pour qu'apt résolve les dépendances, puis lancez-le depuis le menu des applications.
- Vérifiez votre session avec `echo $XDG_SESSION_TYPE` avant le premier lancement.
- Choisissez le micro dans les réglages son du bureau ou avec un mélangeur comme pavucontrol, et vérifiez que le vumètre d'entrée bouge quand vous parlez.
Voice Monkeys sous Linux
Voice Monkeys, l'application qui publie ce guide, existe pour Linux 64 bits en AppImage ou en paquet .deb pour Ubuntu et Debian. Vous maintenez une touche, vous parlez, vous relâchez, et le texte apparaît au curseur dans votre éditeur, votre terminal, votre navigateur ou votre messagerie. Un appui bref lance le mode mains libres, un second appui termine, Échap annule. 25 langues sont reconnues automatiquement et peuvent se mélanger dans une phrase, ce que détaille le guide pour dicter en plusieurs langues.
La reconnaissance se fait sur votre machine, hors ligne. Internet sert une fois pour télécharger le modèle de reconnaissance (environ 640 Mo), puis pour la vérification de licence et les mises à jour ; ni audio ni texte n'est envoyé. Le prix est de 25 $ une seule fois, pour une licence à vie sur un ordinateur, sans abonnement, avec 7 jours d'essai sans carte et un remboursement sous 14 jours. Rendez-vous sur la page de téléchargement, et profitez de l'essai pour vérifier le comportement dans votre session et votre bureau.
Dicter hors ligne sous Linux
Un modèle hors ligne se télécharge une fois, puis la reconnaissance se fait sur votre propre machine, sans envoyer d'audio nulle part : pratique dans le TGV, avec une connexion capricieuse, ou si vous préférez simplement garder votre voix chez vous. Prévoyez l'espace disque et assez de mémoire.
Testez avec les phrases que vous dictez vraiment, par exemple « Fusionne la branche une fois les tests passés, puis étiquette la version deux point quatre », et comptez les corrections. Si vous dictez des messages de commit ou de longs commentaires, le guide de la dictée vocale pour développeurs propose une méthode. Si la confidentialité est votre motivation, le guide dictée vocale et confidentialité liste les questions à poser à n'importe quel outil.
Dépannage sous Linux
- Le raccourci ne fait rien : vérifiez d'abord le type de session. Sous Wayland, les raccourcis globaux des applications ordinaires sont souvent bloqués ; essayez une session X11 si votre distribution en propose une.
- Alt droite tape des caractères bizarres : sur un clavier AZERTY français ou belge, la touche Alt de droite est Alt Gr, celle qui sert à taper @, #, € ou les crochets. Choisissez une autre touche de dictée dans les réglages pour que les deux ne se marchent pas dessus.
- Le texte est reconnu mais n'apparaît pas : vérifiez que le curseur est dans un champ de texte et que la fenêtre cible a le focus au moment où vous relâchez la touche. Certains terminaux collent avec Ctrl+Maj+V : testez d'abord dans un éditeur de texte simple pour isoler le problème.
- Rien n'est entendu : ouvrez les réglages son ou pavucontrol, choisissez le bon périphérique d'entrée et surveillez le vumètre. Un casque Bluetooth apparaît parfois comme deux appareils ; prenez celui qui comporte un micro.
- L'AppImage ne démarre pas : lancez-la depuis un terminal pour lire l'erreur. Un message lié à FUSE signifie que le paquet de compatibilité manque.
Si vous utilisez aussi Windows, le guide dictée vocale sur Windows présente l'outil intégré, et le guide pour choisir un logiciel de dictée sur PC liste les critères propres à Windows.
Questions et réponses
Linux a-t-il une dictée intégrée comme le Mac ou Windows ?
Les grands environnements de bureau Linux ne livrent pas de dictée à l'échelle du système. Il faut installer une application ou assembler un outil libre.
Pourquoi la dictée marche-t-elle sous X11 mais pas sous Wayland ?
Wayland empêche une application d'écouter les touches globales et d'écrire dans les fenêtres des autres. Un outil de dictée a besoin des deux, donc d'un mécanisme compatible Wayland ou d'une session X11.
Quelles distributions un paquet .deb prend-il en charge ?
Un .deb vise Ubuntu, Debian et leurs dérivées. Sur les autres distributions, une AppImage est généralement le plus simple.
Peut-on dicter hors ligne sous Linux ?
Oui. Voice Monkeys reconnaît la parole sur la machine après un téléchargement unique du modèle d'environ 640 Mo, et des outils libres fonctionnent aussi hors ligne.